Les revenus migratoires : première ressource économique de la vallée du Todrha
Auteur :NAIM Mohamed
Résumé:
La vallée du Todrha a connu depuis les années 1960 des dépars massifs vers l’étranger. D’après les résultats de notre enquête, la population migrante originaire du Todrha résidant à l’étranger est d'environ 7000 personnes dont 3192 émigrés actifs1. Cette population représente 5.2% de l'ensemble de la population du Todrha en 1994. Près d'un rnénage sur trois vit directement des revenus migratoires. Les transferts des revenus migratoires des travailleurs ou commerçants ou artisans, etc. sont considérables. Ils se composent de flux monétaires et de marchandises. Depuis les années 1970, ces transferts enregistrent une croissance constante jusqu'au début des annees 1990. Par la suite, ces transferts connaissent des fluctuations non moins négligeables. Seuls les transferts canalisés par les reseaux postaux et bancaires sont mesurables. Une bonne partie des transferts, y compris les marchandises, est mal connue. La connaissance précise des transferts soulève de grandes difficultés. il s’agit de la multiplication des canaux illicites et l'impossibilité d'évaluer les marchandises. Pour connaître plus au moins les sommes d’argents transférées le recours à l'estimation des remises des migrants reste la seule solution. D'après les données collectées sur le terrain, les fonds monétaires injectés dans cette oasis présaharinne sont d'environ 19l,33 millions de Dhs par an, soit 3188,8 Dhs par habitant et 59940 Dhs par an et par émigré. Les apports financiers issus de l'émigration constituaient le principale revenu de la vallée Ils représentent la source capitale d'enrichissement de nombreux ménages. A l'instar des autres regions marocaines à forte émigration vers l'étranger, la vallee du Todrha cotisiait depuis un peu plus d'un quart de siècle des mutations considérables, telles que la transformation du paysage rurale et l'emergance des espaces urbains. L'oasis du Todrha doit ces mutations en grande partie la manne migratoire. En somme, tous les émigrés ne participent pas de la même façon à cette transformation socio-économique.