Catégorie: "Numéro 4-5"
La traduction dans l’apprentissage des langues, un objectif linguistique, mais une approche communicative
Auteur : EL QUESSAR M.
Résumé:
Cet essai met en évidence le rôle de la traduction dans l’enseignement-apprentissage des langues étrangères. L’élève qui pratique la traduction améliore son niveau linguistique en deux langues et par conséquent développe son bilinguisme. Nous essayerons d’illustrer les choses en posant les deux questions suivantes : Pourquoi traduire pour apprendre une langue ? Et comment traduire pour développer les compétences langagières ? Pour répondre à la première question, il faut recourir aux travaux didactiques, linguistiques et psychologiques les plus récents qui affirment tous l’importance de la traduction dans l’acquisition d’une deuxième langue. Quant à la deuxième question, il faut s’inspirer de la pédagogie de la traduction pour asseoir la pratique sur des bases fondées et en apporter l’innovation exigée. Autrement dit, nous essayerons de montrer que le cours de traduction guide l’apprenant à la conceptualisation des systèmes linguistiques, non pas à travers la correspondance pure et simple, mais à travers une réflexion comparative mettant l’accent sur les ressemblances et les différences entre les deux langues mises en miroir. Au Maroc, on accorde une grande importance à l’enseignement des langues étrangères. L’apprentissage de la traduction dans le secondaire marocain entre dans ce cadre. La matière de la traduction, insérée dans les programmes du secondaire qualifiant depuis 1991, peut contribuer au renforcement des compétences langagières de l’apprenant si les efforts sont dirigés dans ce sens.
Risques naturels et aménagement des zones fragiles dans la bordure méridionale du Rif central : cas du glissement de Bab el Hamra dans la zone du Jaia
Auteur : EL FANGOUR M.
Résumé:
Le Rif Central méridional se caractérise par la fragilité excessive des milieux naturels et le déséquilibre environnemental, où la dynamique est fortement agressive, auxquels s’ajoute la forte pression anthropique (forte densité démographique), entraînant la surexploitation des ressources et l'augmentation des besoins en équipements et infrastructures (routes, électricité, eau potable, etc.). Cette situation se développe dans un écosystème fragile et menacé par le déséquilibre entre les besoins et les potentialités des milieux. Il en résulte des risques environnementaux, en l’occurrence d’ordre naturels, liés Revue AFN Maroc N°4-5 Décembre 2009 21 essentiellement aux interventions d'aménagement. L'étude soulève des questions pertinentes relatives à : - l'intensité et l’ampleur des risques durant les dernières décennies ; - et l'inefficacité de procédés d'aménagement et d’interventions entreprises dans la lutte contre ces risques. Pour répondre à ces questions, l'étude aborde la genèse de risques dans un cas représentatif et propose d'examiner l'inefficacité de procédés d'aménagement effectués.
Le Cyprès de l’Atlas : réalités et perspectives
uteur : EL ALAOUI EL FELS My A., ALIFRIQUI M., EL BOUBKRAOUI My L.
Résumé:
Le cyprès de l'Atlas, recouvrant 1485 ha, constitue une des formations endémiques du haut bassin de l'oued Nfis dans le Haut Atlas occidental. De par sa grande plasticité, cette espèce s'adapte aux conditions naturelles peu favorables, en mélange selon l'orographie et l'exposition, avec le genévrier rouge, le thuya, l'arganier et le chêne vert. Par ailleurs, l'isolement et la pauvreté de la population conditionnent la relation que cette dernière tisse avec le cyprès de l'Atlas; car en plus de sa sacralité, il est utilisé comme source de bois de cuisson, de chauffage et de construction ainsi que pour ses vertus médicinales. Malheureusement, cet arbre connaît une régression incontestable sous la pression multiple du surpâturage, de l'élagage, de la sécheresse et des insectes ravageurs. L'état de cet écosystème à base de cyprès de l’Atlas nécessite l'intervention rapide par la mise en oeuvre d'une approche globale conciliant à la fois les intérêts de la population locale et l'équilibre du milieu.
L’immigration au N-O du Maroc, cas d’El Ksar el Kabir et arrière pays
Auteur : NABIL L.
Résumé:
La mobilité de la population a toujours été un phénomène préoccupant surtout par effet de masse et ce pour les perturbations qu’elle peut causer sur le pays d’origine comme sur celui d’accueil. Nous approchons ce thème en tant que flux énergétique qui doit déterminer le destin du développement d’une contrée. La problématique principale se pose en ces termes : le développement du Nord méditerranéen, au lieu d’entraîner un développement stabilisateur par effet de proximité de l’Afrique du Nord, a élargi le fossé séparant les deux rives et a, par contre, stimulé une attraction démesurée sur les populations vivant dans la précarité et le sous-développement, mobilité pesant à la fois sur les pays d’origine et d’accueil. La mondialisation, par ses tendances perverses (GATT), approche mercantiliste vis-à-vis des travailleurs immigrés, n’a pu apporter de solutions adéquates à ce problème humain. Notre objectif consiste non seulement à participer à mieux comprendre la dynamique migratoire mais aussi à en déceler les impacts réels à travers une recherche intégrée. Notre étude se base sur l’enquête de 296 ménages, touchant plus de 100 paramètres socio-économiques dans 2 quartiers urbains kasrouis (Halloufi et Essalam), à confronter à 1 douar rural de son arrière pays (Bracta) (immigration légale et illégale). L’enquête est traitée en base de données informatisée.
De la centralité spirituelle à la centralité sociale, quelle place pour l'héritage socioculturel des médinas du nord marocain dans la promotion du tourisme ? Cas de Ksar-el-Kebir
Auteur : BEN ATTOU M.
Résumé:
La diversité symbolique du patrimoine culturel de Ksar-el-Kébir (KEB) à travers la singularité et la centralité « d’une médina rebelle » et non makhzania offre de nouvelles perspectives en matière de potentialités d’un tourisme durable. Cependant, l’article montre à partir de l’exemple de KEB, qu’il n’y a pas de solutions miracles. L’injection des moyens matériels dans des projets sectoriels de réhabilitation utilitaire ou de sauvegarde stratégique de lieux et de monuments sous des logiques d’investissement touristique et/ou culturel a montré ses limites. Cette action n’est pas durable sans la dimension humaine. Il faut d’abord connaître et faire connaître la société locale dans ses potentialités et ses limites, dans ses heures et ses malheurs pour pouvoir prétendre donner un sens à l’architecture vernaculaire qui n’est qu’une composante du patrimoine. Pour cela, il faut repenser la médina marocaine dans la lumière à partir de ce qu’elle est et non pas à partir de ce que l’on veut qu’elle soit. Le patrimoine est une notion universelle à l’échelle humaine où l’histoire n’est jamais achevée, où l’espace est inversé. Il tient davantage à des adaptations fonctionnelles qu’à des questions de logique structurelle. En s’intéressant au contenu-contenant, il semble que les formes, les volumétries, les typologies, la rhétorique d’une expression vernaculaire, le modernisme ne sont souvent qu’un langage formel. Ce sont les hommes, les modes de vie qui donnent au patrimoine culturel à vocation touristique son sens au pluriel et à ces concepteurs l’outil de soigner d’autres paradigmes plus ontologiques, plus anthropologiques que plastiques. Il n’existe donc pas de recette magique ni d’expertise à la commande ou de compétence de pointe uniforme pour gérer le patrimoine n’importe où selon des GPS et des matrices numériques à n’importe quel prix. Les contextes sont très complexes et nécessitent compréhension, conciliation, soutien, sponsoring et citoyenneté. Ce n’est pas aujourd’hui que l’approche policière, le déracinement spontané, l’acculturation, la transformation à coup de dollars ou la normalisation qui vont sauvegarder et valoriser un patrimoine aussi symbolique que celui de KEB. Certes, un effort considérable doit être fourni par des structures spécialisées et responsables en vue d’un classement à l’exhaustif de tous les monuments. Cependant, la conciliation patrimoniale en matière de gestion ne doit pas se limiter uniquement au vernaculaire.
Gestion et prévention des risques des chutes de blocs et des éboulements rocheux à Sidi Harazem (région de Fès)
Auteur : GARTET A., GARTET J.
Résumé:
A l’Est de l’agglomération de Fès, les chutes de blocs et les éboulements rocheux représentent un risque naturel permanent qui affecte les usagers de la route (piétons et véhicules) à l’entrée nord du village de Sidi Harazem. Le convoi de blocs gréseux, emballés dans la masse marneuse glissée colmate les fossés et envahie la chaussée en réduisant sa largeur à presque moitié. La fréquence élevée de ces phénomènes dynamiques dénote la méconnaissance des risques et, par conséquent, les défaillances dans les interventions d’aménagement. La protection contre ce type de risque devrait nécessiter la prise en compte des composantes du milieu naturel et le recours à l’approche géomorphologique avant l’utilisation de tout procédé d’aménagement. Les opérations de talutage, effectuées en 2006, montrent aujourd’hui que le risque persiste et que les instabilités des talus peuvent se déclencher de nouveau. Ce travail met l’accent sur les processus d’évolution et discute de la fiabilité des procédés utilisés dans ce milieu fortement vulnérable.
Etude hydrogéologique et hydrogéochimique des principales sources karstiques dans les environs de la ville de Tétouan
Auteur :EL MORABITI K., EL KHARIM Y., ALUNI K., FDIL F., BENMAKHLOUF M.
Résumé:
Les formations carbonatées de la Dorsale calcaire constituent un important réservoir karstique dans la région de Tétouan. Un inventaire des principales résurgences d?eau a été réalisé sur le pourtour de la Dorsale calcaire. Ainsi, 17 sources d?eau ont fait l?objet d?une mesure du débit, d?une analyse chimique, et de surcroît une étude de leur contexte géologique. L?objectif de cette étude est de fournir les caractéristiques hydrogéologiques et hydrochimiques des sources drainant ces formations karstiques. En conséquence, les principales résurgences d?eaux karstiques dans le secteur étudié se localisent le long des contacts anormaux majeurs de la Dorsale calcaire qui mettent en contact les formations karstiques avec des formations imperméables, préférentiellement au niveau des croisements avec des accidents transverses ou en l?occurrence au niveau des noeuds tectoniques. Du point de vue chimique, les eaux ont une nature généralement bicarbonaté-calcique et magnésienne.
Qualité physico-chimique et biologique de l’oued Ouislane au sein de la ville de Meknès (Centre-Nord du Maroc)
Auteur :EL ADDOULI J., CHAHLAOUI A., BERRAHOU A., CHAFI A., ENNABILI A.
Résumé:
L’oued Ouislane est l’un des cours d’eau drainant la ville de Meknès (Centre-nord du Maroc). Dans le but de cerner l'état de qualité de cet oued, notre étude a porté sur la détermination de paramètres physico-chimiques et bactériologiques de ses eaux. Les résultats obtenus décrivent une situation préoccupante de l'état de ce cours d'eau, menacé particulièrement par les activités humaines.
Pollution de la nappe phréatique de la plaine périurbaine de Martil (N-O du Maroc) et son impact sur l'environnement
Auteur : NABIL L.
Résumé:
L’urbanisation clandestine au Nord de Martil (N-O du Maroc) se fait sur une basse plaine sableuse à aquifère sub-superficiel, autrefois exploitée pour maraîchages. En l’absence du réseau d’assainissement, on a recouru aux puits perdus, entraînant sa pollution. La population, en l’absence d’adduction d’eau potable, recourt aux puits, dont elle a utilisé inconsciemment l’eau pour tous les usages, et se trouvant ainsi menacée par l’éclosion d’épidémies. Basée sur une approche socio-économique, notre étude, à l’aide d’une enquête détaillée (261 ménages) d’une part et l’analyse d’échantillons d’eau de puits au laboratoire, vise à confronter des critères socioéconomiques des ménages aux critères environnementaux de l’exploitation de la nappe. Elle met en lumière l’état et les caractéristiques des puits, de leur hygiène, la nature des usages, l’origine et le degré de contamination, les précautions et le degré de conscience de la population, les impacts sur la santé et la ressource en eau de la nappe. Les résultats ont permis de bien en cerner la réalité et d’en proposer des solutions adéquates. C’est aussi un modèle d’étude et un moyen commode de sensibilisation surtout de la population concernée.
Prospection de la qualité physico-chimique et biologique des eaux superficielles et interstitielles de l’oued Aggaï, Moyen-Atlas Sefrou, Maroc
Auteur : KHALED A., NADAMA A., ESSAFI K., GUEMMOUH R.
Résumé:
Pour couvrir ses besoins croissants en eau potable, industrielle et agricole, la ville de Sefrou est étroitement dépendante des ressources en eaux superficielles et souterraines disponibles dans le bassin hydrogéologique de causse de Sefrou. L’oued Aggaï joue un rôle important dans certaines activités socio-économiques et agricoles pour les habitants des villes de Sefrou et de Bhalil. Il constitue, en aval, un collecteur des rejets solides et liquides de la ville de Sefrou. Afin d’élucider les relations entre les eaux de surface et les eaux souterraines, une prospection physico-chimique a été menée depuis le mois de Mars à juillet 2007 le long de l’oued Aggaï : une station amont alimentée par les eaux d’une source karstique, et une station aval anthropisée et recevant les rejets solides et liquides de la ville de Sefrou. Il s’est avéré que les eaux de l’oued Aggaï aval sont très polluées ; on assiste à une contamination de type humaine, due au rejet brut des eaux usées domestiques.